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Dimanche, le 26 juillet 2015
C'est la seconde fois cette année que je prends un traversier, mais une première toutes époques confondues en moto.
Né et ayant toujours vécu sur la rive nord du fleuve, passé au sud est comme franchir une frontière, se retrouver en terre étrangère, que c'en est presque exotique. Je sais, je devrais sortir plus.
J'ai donc remonté la 132 et rendu à Sorel je me suis dit, si le traversier y est je le prends, sinon, je continu au sud vers l'ouest jusqu'au tunnel. Il y était, les gens du nord débarquaient chez les gens du sud en parfaite synchronicité.
À bord, une grosse Béhème (moto) s'installe sur mon flanc et la conversation débloque tout de suite sur la nouvelle Ducati. L'homme n'a aucune idée de ce que c'est (le battage médiatique de Ducati ne l'a visiblement pas atteint, mais à voir sur quoi il roule, il n'était pas le public cible), mais la machine le fascine, au point de la trouver belle. Au bout de cinq minutes de discussion, alors que le traversier fait déjà route vers le nord, mis à l'aise par mon ignorance des caractéristiques techniques de la chose à l'exception de la cylindrée (il faut toujours connaître la cylindré, c'est le minimum requis), il se lance timidement et demande si c'est ça un « Café Racer ». Non, ça, c'est un Scrambler, c'est même écrit sur le réservoir pour être certain que le néophyte ne dise pas de bêtises. Un Café Racer est une moto bourgeoise mise à nu de tout superflu avec l'idée d'aller plus vite, un Scrambler est une moto de route qui se donne des prétentions vagabondes, comme d'aller jouer dans le sable ou courir les sous-bois.
Comme on ne sait pas de quoi on parle n'y l'un ni l'autre, le sujet s'épuise tout seul, c'est donc le moment de s'intéresser au paysage, d’aller voir si le point de vue sur la passerelle vaut l'effort d'y grimper.
À Berthier, je longe la berge au petit trot, et me souviens d'y avoir vu il y a quelques années un petit chat tellement fier avec sa prise dans la gueule, que ce fut la plus belle manifestation d'estime de soi que j'ai jamais vue.
De retour sur la 138, comme à la maison, je rentre car la nuit s'installe déjà.
 


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