Avec l’étape la plus périlleuse derrière moi dans l’apprentissage de la conduite moto, c’est-à -dire le test en circuit fermé de la SAAQ, et qui s’est très bien passé merci, voilà maintenant l’heure des choix. Quelle moto pourrait bien faire l’affaire? Mais comme il n’est pas question d’achat, même dans un avenir prévisible, car toute cette histoire de permis était pour un scooter d’au moins 125cc, histoire d’avoir suffisamment de puissance en ville pour deux et d’être capable de traverser le pont Jacques-Cartier sans être un danger pour les autres et pour-soi, la vraie moto va donc demeurer un plaisir intermittent au gré des opportunités. Et le plaisir, c’est aussi de rêver un peu, et tant qu’on ne dépense pas, il n’y a pas de problèmes de budget.

D’abord, ce que je ne veux pas. Pas de «Tourisme», ces Cadillac sur deux roues avec la climatisation et le bar à cocktails intégré. Une moto, ce n’est pas pour être plus confortable que dans son salon, c’est pour avoir l’impression que même la route n’existe pas, c’est le rêve de voler. Et le «Tourisme» me semble être l’antithèse de cette expérience. Les «Cruiser» ne sont pas encore si différentes des Tourismes, en fait, ce que je n’aime pas, c’est la position de conduite, confortable, effoirée comme dans un La-Z-Boy. Comme si la moto était plus importante que son conducteur, lui n’étant qu’un accessoire de plus. C’est la même chose avec les «Sport». Ici, c’est le contraire, on est couché. Et on pourrait essayer de me contredire, mais la meilleure place pour être couché est encore le lit. Et puis, je ne les trouve pas belles. C’est quand même encore de ma future moto qu’il s’agit, et j’ai le droit d’avoir du goût.

Il y a les possibles, ce que la raison dicte. Proche des modèles «Sport», mais avec une position de conduite un peu plus relevé et une cylindrée généralement inférieure à 1000cc, c”est la catégorie des compromis, mais il y en a de beaux. Comme cette «Norton» qui renaît de ses cendres aux mains de quelques enthousiastes qui semblent avoir tout compris. J’apprécie particulièrement cette belle ligne horizontale au niveau de la selle et du réservoir. Mon premier tour de moto a été sur une Norton. Je devais avoir 13, 14 ans, et le voisin d’en face en avait une qu’il partait, avec acharnement, au kick. La «Ducati» est pas mal non plus, et doit avoir des charmes certains puisqu’elle a séduit Brad Pitt. Et c’est aussi un peu moins cher à entretenir qu’Angelina Jolie. Reste la «Honda 599», abordable, suffisamment nerveuse et surtout fiable. Le choix logique, que je devrais essayer quelque part au mois d’août lors de leurs journées d’essais routiers. Je vais très certainement raconter cette journée, puisque ce sera probablement la seule autre occasion (en dehors des 2 sorties le mois dernier lors du cours) que j’aurai de faire de la route cet été.

Et puis il y a les motos idéales, en voici deux, une pour la raison et l’autre pour le coeur. Cette «Triumph Bonneville» est d’une beauté intemporelle, comme punaisé sur les routes du monde entier, à son aise partout. Position de conduite droite, les oreilles bien au vent avec, enfin, une vraie selle deux places. Parce que, quand même, le plaisir de la moto, du moins pour un gars, c’est aussi deux bras autour de la taille et un menton sur l’épaule.
Pour les célibataires, reste le plaisir solitaire, et quoi de mieux que cette méchante machine de Russell Mitchel. Je ne vais pas me lancer dans les superlatifs, mais à 75,000$ US, ça les vaut bien tous.