Pauvre pécheur

Puisque faute avouée est à moitié pardonnée, je me permets donc de ne plus caché la très grande envie de posséder cet objet du désir qu’est le nouveau Leica M8. J’ai beau avoir ce M2, qui malgré ses 45 ans continus d’ignorer son âge et cliquette à tout vent, mais il est chose du passé. L’avenir est déjà là, et bien que Nikon et Canon produisent des appareils aussi, sinon plus performants, Leica est spécial. On a beau dire, et j’essaie très fort de m’en persuader, que c’est l’oeil qui fait l’image, pas la machine, l’oeil ne voit pas forcément pareil selon l’oeilleton par lequel il appréhende le monde. C’est peut-être juste un malin tour que nous joue cette espiègle matière grise, mais le jeu en vaut la chandelle, surtout quand le résultat est là.
Et dire que j’ai échangé un Minolta XE-7, qui allait rendre l’âme peu de temps après (mes excuses les plus sincères au commerçant qui avait donné une garantie de 3 mois dessus), pour le M2, c’en est gênant. Mais comme personne ne voulait d’un appareil sans aucun automatisme, en métal et semblant appartenir à un autre siècle, si ce n’est à un autre monde, c’est le ti-cul rêveur qui se forçait à photographier des poteaux de téléphone pour apprendre à composer qui l’a eu. Et le monsieur d’aujourd’hui en est bien content.
J’ai beau dire, mais je ne l’ai presque pas utilisé, ce Leica, j’ai peur de le casser. Le levier d’armement a parfois des hésitations qui m’insécurisent au plus haut point, même si ce n’est rien. J’ai quand même le goût de le remettre à l’ouvrage, juste un petit peu, pour voir, parce que ça sert à ça, voir.


Été 1982, Trois-Rivières. Leica M2, Summicron 1:2 50mm. Kodachrome 64

Une réponse à “Pauvre pécheur”

  1. photosmax dit :

    Oui. Un Leica M8, j’en prendrais un tout de suite moi aussi. C’est tellement un bel objet, l’histoire de la photo dans la main. C’est juste que c’est beaucoup d’argent.