Je veux être merveilleuse

C’est un truc à la télé sur Marilyn Monroe et sa relation avec le photographe Milton Greene qui a fait que je me suis posé la question, qu’elles sont nos sex-symbols à nous, au Québec? Un phénomène comme Marilyn est assez unique et ne pourrait pas être reproduit ici, mais cet article paru la semaine dernière me donnait au moins un point de départ. Et sans remonter jusqu’à Lili St-Cyr et La Poune, Danielle Ouimet semble un bon choix pour débuter dans cette petite tentative pour une archéologie du fantasme.

«Valérie» créa une commotion dans les années 60, le film fût présenté à Cannes et acheté par plus de 40 pays. En tant que première Québécoise à affirmer sa sexualité à l’écran et à le montrer, Danielle Ouimet a été la fille de la Révolution tranquille, un symbole tout court des aspirations que le Québec cherchait à prendre à bras-le-corps. Mais le Québec n’était pas encore là. En secret, elle était une icône, mais dans la réalité, juste une dévergondée, libre, mais pas trop.

Carole Laure sex-symbol? Dans les années 70, je n’en vois pas d’autres. Plutôt ténébreuse, en fait triste, parce qu’après l’éclaircie de la fin des années 60, le rideau a vite été tiré. Le curé prend peut-être lentement la route de l’exil, le pouvoir de l’argent lui, résiste. Et son message est clair, prend tout le sexe que tu veux, je garde le $ymbole. Et c’est ce que les personnages qu’interprète Carole Laure chez Gilles Carle entre autres affrontent. L’espoir qui propulsait Valérie n’existe plus, Normande Saint-Onge elle, est juste fatigué, et ce n’est pas la bonne fatigue.

Et comme les temps changent. Le post-modernisme et ses couleurs criardes, les jeunes filles de bonne famille sortant tard le soir et la première apparition du nombril. Mitsou est tout cela. Alors que Danielle Ouimet et Carole Laure étaient des femmes, Mitsou est une petite fille jouant à la vamp. On montre tout, mais on ne touche à rien, du moins en public. Tout est dans le paraître, et le reste est affaire d’imagination.

Est-ce -qu’il y en a qui se souviennent des années 90? Pas moi, comme si cette décennie n’avait pas existé, elle est un grand flou avec juste des ombres qui s’agite. Une de celle-là est Caroline Néron. Elle est la fille trop maquillée dans le fond de la classe, les bras en l’air, répétant moi, moi, moi. Personne d’autre? Un effort quelqu’un, non? Bon s’correct Caro, fait lé ton show. Les autres, faites ce que vous voulez, moé j’vas pisser.

Où en étais-je? Ah! oui, Lucie Laurier. Le nez dans le décolleté, il peut être difficile de se faire une juste idée, mais on ne voit pas qui pourrait lui faire ombrage. De toute façon, le flambeau traînait dans un coin, elle l’a ramassé, et comme il donne une jolie et chaude lumière, pourquoi pas jouer le jeu? Parce que c’est un jeu maintenant, un rôle pour la vie publique.

2 réponses à “Je veux être merveilleuse”

  1. Hugo dit :

    Oui. Bonne selection. Mais si on parle d’une beauté standard, une beauté de consensus, nos quebecoises ont presque tous un petit defaut. le petit nez rondelet de lucie lui fait défaut. les larges côtés de son visage aussi. mais surtout le nez. oui c’est mignon un samedi soir au party de Steve dans un loft, mais on parle d’icones. Même chose avec le nez d’isabelle richer. tres belle femme. Elise Guilbeaut aussi. NEZ.

  2. lesage dit :

    Mais ce sont tout ces petits «défauts» qui les rendent charmantes. La perfection ne sait pas se faire aimer. Que serait Barbra Streisand sans son nez? JLo sans son cul? Scarlett sans ses seins un peu lourds? Eva Mendes sans ce grain de beauté si bien nommé, mais si mal placé?

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