Une épiphanie appréhendée

Me regardant dans le miroir l’autre jour, question de m’assurer que rien de fâcheux ne dĂ©passait, j’ai vu mon père. Pas lui vraiment, c’Ă©tait toujours moi, mais je lui ressemblais. Ce jour Ă©tait arrivĂ©, mon père, c’est moi. DĂ©cĂ©dĂ© alors que j’avais Ă  peine 10 ans, mes souvenirs se sont plutĂ´t nourris, avec le temps, des images de lui qui me reste, et elles sont peu nombreuses. Il y a celle-ci, prise par le photographe de la place, avec un Jean Lesage en campagne Ă©lectorale, visitant la maison de son père jadis, celle du mien alors. Dans ce miroir, j’ai le mĂŞme pantalon kaki, et la chemise avec les manches roulĂ©es au dessus du coude. La physionomie est semblable, je suis un peu plus mince, mais mon père est plus musclĂ©, le travail de la ferme y Ă©tant pour quelque chose sans doute. Ses cheveux sont courts et commence Ă  ĂŞtre clairsemĂ©s, les miens sont longs et, dieu merci, encore touffu. Mais c’est bien moi sur cette image, nous sommes le mĂŞme homme, il n’y a que le temps et les circonstances qui nous sĂ©parent.

Laisser un commentaire