Perdre son temps Ă  100 attosecondes

Je ne suis pas quelqu’un d’excessif, ni même d’obsessif, mais je peux avoir des manies passagères qui durent longtemps. La plus tenace concerne le temps, la place que prend le temps présent. La question que je me pose est, pendant combien de temps sommes-nous dans le présent avant qu’il se fasse chasser dans les archives du passé? La réponse est dans le titre, car depuis 2004, on évalue que le temps présent, voyageant à la vitesse de la lumière, tient le coup pendant ces 100 attosecondes. J’ai un peu de difficultés à l’imaginer, mais une chose est certaine, c’est très rapide puisque 100 attosecondes est 100 milliardièmes de milliardième de secondes. Et pourtant, plus nous avançons dans la recherche et que nos moyens techniques évoluent, ce court laps de temps ne cesse de rétrécir. Déjà que son espérance de vie n’est pas phénoménale, peut-être que d’ici quelques années ou décennies, on pourra constater qu’il n’y a pas de présent du tout, que ce passage du futur vers le passé que nous appelons le présent, est en fait si infime, qu’il deviendrait présomptueux de continuer à le nommer. Mais on est là, l’univers entier s’y promène et grandit, existant à l’intérieur de ce qui n’existe peut-être même pas. Pas étonnant que la tête nous tourne parfois.

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