Des chaussures pour la pose

Cette nouvelle aujourd’hui dans les quotidiens de France, relatant la liquidation du chausseur de luxe Charles Jourdan, m’a fait un petit quelque chose. Pas que je dévoile un fétichisme du pied maintenant endeuillé, c’est plutôt le souvenir de remarquables images par le photographe de mode Guy Bourdin, des images publicitaires où le photographe avait une totale liberté d’expression, et les budgets pour cette dernière. À une époque où la photo en N&B régnait tyranniquement, voir ces images où la couleur prenait autant sinon plus d’espace que le produit, tout en le mettant tout de même en valeur, était non seulement rafraîchissant, mais inspirant.

Aujourd’hui, avec l’omniprésence du numérique, la photo couleur va de soi, tellement, qu’elle en devient presque non existante. On a oublié l’essence même de la photographie qu’est la lumière, pour la remplacer par Photoshop et son sac à filtre. La menace de Georges Eastman d’une démocratisation de la photographie aura pris plus d’un siècle avant de se concrétiser, mais nous y sommes maintenant. Plus besoin de réfléchir pour prendre une photo, suffit de cadrer, plus ou moins, en prendre à la tonne, et le logiciel s’occupe de tout après.

C’est pourquoi je trouve le souvenir d’un photographe comme Guy Bourdin important. C’est le travail d’un artisan qui s’est attelé à maîtriser chaque aspect de son art.

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